La nation burkinabè est en péril

Alors que le Burkina vit encore, ce jour, sous la menace armée d’une bande de putschistes tout inféodés à Compaoré, voilà que la CEDEAO vient proposer l’inacceptable ! Il faudrait en effet, contre leur reddition, non seulement laisser libres les auteurs du coup armé, mais en plus, les laisser libres de se présenter aux prochaines élections législatives !

Comme si de rien n’était en somme.

Alors que les victimes des premiers jours ne sont même pas encore inhumées, que cette soldatesque est, arme au poing, toujours prête à tirer sur la population, on peut aisément comprendre l’indignation qui a gagné le pays à l’annonce d’un tel « arrangement »;

Ce « jugement de Salomon » proposé par la commission des médiateurs, et qui doit être soumis aujourd’hui mardi 22 septembre à la CEDEAO en plénière à Abuja, ne peut être et ne sera définitivement perçu, que comme un diktat imposé à tout un pays et à tout un peuple. Depuis quand, en effet, accorde-t-on le recouvrement de leurs droits à des hors la loi, coupable de crimes de sang, alors qu’ils sont toujours en sédition ?

Les Burkinabés n’accepteront pas un tel affront, sorte de blanc seing à toutes les attaques à venir contre la transition démocratique.

Pour ces raisons, nous publions ci-après un communiqué de l’association « balai citoyen » qui, on s’en souvient, avait joué un rôle central dans les mobilisations massives conduisant à la fuite, organisée par la France, de Blaise vers la Côte d’Ivoire, d’où il est désormais inextradable.

Peuple du Burkina Faso ; La nation burkinabè est en péril ; Des miliciens du RSP ont perpétré un coup de force lors du Conseil des ministres et ont pris en otage le Président du Faso, le Premier ministre, les ministres de la fonction publique, celui de l’habitat, tous deux membres de la société civile.

C’est la quatrième fois que les miliciens du RSP dirigés par le capitaine Dao avec comme éminence grise le général Gilbert Diendéré et la complicité du CDP essaient de mettre un frein à la transition et de restaurer l’ancien régime. Ces voyous, ces êtres malfaisants croient que le peuple burkinabè acceptera leur tentative de coup d’État qui d’ores et déjà apparaît comme une mauvaise plaisanterie aux yeux de toute la communauté nationale.

Nous rejetons le message insultant prononcé par ces apatrides mus par les forces du mal dans lequel ils appellent à la reddition de tout un peuple debout et fier. Nous exigeons la libération immédiate du Chef de l’État, du Premier ministre et des ministres arrêtés. Nous attendons un engagement fort et sans ambages des forces politiques et de l’ensemble de la société civile. Nous exigeons que l’armée régulière, les forces de défense et de sécurité prennent leurs responsabilités historiques face à cette agression armée contre le peuple burkinabè et ses institutions.

Nous appelons les populations à s’organiser chacun dans sa rue, son quartier, son secteur pour démontrer que la stratégie de terreur et de psychose que tente d’instaurer les groupuscules de miliciens du RSP ne saurait paralyser cet élan patriotique qui nous a animé.

Burkinabè épris de paix et de justice, la Nation est en danger ; Oui à la neutralisation définitive des miliciens voyous du RSP et de leurs commendataires.

Mobilisons-nous pour faire barrage au complot infâme qui est en cours ! En avant pour la résistance populaire ! La patrie ou la mort, nous vaincrons !

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